Recevoir semble être un geste simple.
Pourtant, lorsque quelqu’un nous adresse un compliment, nous répondons souvent : « Ce n’est rien. »
Lorsqu’une personne nous propose son aide, nous avons tendance à répondre : « Merci, mais je vais me débrouiller. »
Lorsque la vie nous offre un moment de bonheur, nous nous surprenons parfois à penser : « Cela ne va sûrement pas durer. »
Comme si recevoir était plus difficile que donner.
Pourtant, donner et recevoir sont les deux mouvements naturels d’une même respiration. Si l’un est bloqué, l’équilibre se rompt.
Alors, pourquoi avons-nous tant de mal à recevoir ?
Une éducation qui valorise le mérite
Dès notre plus jeune âge, nous apprenons qu’il faut faire des efforts pour obtenir quelque chose.
Une bonne note mérite une récompense.
Un travail bien fait mérite des félicitations.
Petit à petit, une idée s’installe en nous : il faut mériter ce que l’on reçoit.
Cette croyance peut devenir si profonde que, devenus adultes, nous avons du mal à accepter ce qui nous est offert gratuitement.
Un compliment nous paraît exagéré.
Nous pouvons être gèné par une marque d’affection
Une aide nous met mal à l’aise.
Comme si recevoir sans avoir prouvé notre valeur était presque interdit.
Donner est parfois plus confortable
Nous pensons souvent que les personnes généreuses donnent uniquement par bonté de cœur.
C’est souvent vrai.
Mais il arrive aussi que donner soit une manière de rester en terrain connu.
Lorsque je donne, je maîtrise la situation.
Je suis celui qui aide.
Celui qui conseille.
Celui qui soutient.
Recevoir, en revanche, me demande d’accepter que quelqu’un prenne soin de moi.
Cela suppose de reconnaître que je n’ai pas toujours toutes les réponses, toute la force ou toute l’énergie.
Et cette position est parfois plus inconfortable.
Recevoir ne crée pas une dette
Certaines personnes refusent presque systématiquement ce qu’on leur offre.
Elles craignent de devoir rendre.
Pour elles, recevoir devient une dette.
Pourtant, les plus beaux gestes sont souvent ceux qui n’attendent rien en retour.
Lorsque vous offrez un cadeau à un ami, souhaitez-vous qu’il vous rembourse ?
Non.
Vous souhaitez simplement lui faire plaisir.
Pourquoi serait-ce différent lorsque les rôles s’inversent ?
Accepter un geste sincère, c’est aussi faire confiance à l’intention de celui qui l’offre.
Le regard que nous portons sur nous-mêmes
Il est parfois plus facile de croire nos défauts que nos qualités.
Nous connaissons nos doutes.
Nos erreurs.
Nos fragilités.
Alors, lorsqu’une personne voit quelque chose de beau en nous, nous avons du mal à la croire.
Nous pensons qu’elle exagère.
Qu’elle ne nous connaît pas vraiment.
Et si, au contraire, elle percevait une partie de nous que nous avons oubliée ?
Recevoir un compliment, ce n’est pas devenir prétentieux.
C’est simplement accepter que le regard de l’autre puisse révéler une lumière que nous ne voyons pas toujours.
Recevoir, c’est laisser circuler la vie
Respirer, c’est inspirer et expirer.
Si nous ne faisions qu’expirer, nous ne pourrions pas vivre.
Il en va de même dans nos relations. Donner ressemble à l’expiration. Recevoir ressemble à l’inspiration.
Les deux sont indispensables. L’un ne peut exister durablement sans l’autre.
Nous pouvons donner de notre temps, de notre énergie, de notre écoute ou de notre présence. Mais si nous ne nous laissons jamais nourrir en retour, nous finissons par nous épuiser.
Recevoir n’est donc pas un luxe.
C’est une nécessité.
C’est ce qui permet à la vie de continuer à circuler librement en nous.
Les cadeaux les plus discrets
Nous pensons souvent que recevoir concerne uniquement les relations humaines.
Pourtant, la vie nous offre chaque jour une multitude de présents.
Encore faut-il apprendre à les voir.
Un café partagé avec un ami.
Le rire d’un enfant.
Le parfum de la pluie après une journée chaude.
Le silence d’une forêt.
Le chant d’un oiseau.
Un arbre majestueux au détour d’un chemin.
Une promenade qui apaise l’esprit.
Ou simplement un coucher de soleil qui nous rappelle que, malgré nos préoccupations, le monde continue de déployer sa beauté.
Ces instants ne résolvent pas tous nos problèmes.
Mais ils nourrissent quelque chose en nous.
Ils nous rappellent que la vie ne se résume pas à ce qui manque.
Elle est aussi faite de tout ce qui est déjà là.
Recevoir l’amour
Peut-être est-ce le plus grand défi.
Accueillir l’amour sans penser qu’il faut le mériter.
Accepter une parole bienveillante sans la minimiser.
Se laisser toucher par une marque de confiance sans avoir peur de décevoir.
Accepter que quelqu’un nous aime, non pas parce que nous sommes parfaits, mais parce que nous sommes nous-mêmes.
Cette confiance ne se décide pas.
Elle se construit peu à peu, à mesure que nous nous autorisons à être authentiques.
Une expérience à vivre
Au cours des prochains jours, je vous propose une expérience très simple.
Observez les moments où quelque chose vous est offert.
Peut-être un compliment.
Ou un sourire.
L’aide d’un proche.
Une invitation inattendue.
Ou une marque d’affection.
Mais aussi un rayon de soleil qui réchauffe votre visage, le chant d’un oiseau au petit matin, un arbre qui attire votre regard, un coucher de soleil, une promenade apaisante ou ce simple instant où vous prenez conscience que vous êtes bien, ici et maintenant.
Toutes ces petites choses sont aussi des cadeaux que la vie dépose sur notre chemin.
Lorsque l’un de ces moments se présente, ne passez pas immédiatement à autre chose.
Prenez une respiration.
Accueillez simplement ce qui vous est offert.
Et dites, intérieurement ou à voix basse :
« Merci. »
Sans vous justifier, sans minimiser., sans penser que vous devrez rendre quelque chose.
Juste merci.
Puis observez ce qui se passe en vous.
Un sourire viendra peut-être illuminer votre visage.
Vous serez peut-être traversé par une émotion
Ou bien vous ressentirez simplement une paix intérieure.
Recevoir n’est pas seulement accepter ce que les autres nous donnent.
C’est apprendre à reconnaître tout ce que la vie nous offre déjà.
Et, bien souvent, lorsque nous devenons capables de recevoir avec simplicité, nous découvrons que l’abondance ne commence pas par ce que nous possédons, mais par le regard que nous portons sur ce qui est déjà présent.
